Le libéralisme et la pauvreté

par Kephas

« Tu n’as pas d’empathie car tu es libéral ». Cette phrase prononcée hier contre moi m’a fait réfléchir. En effet, elle illustre parfaitement la vision du libéral. Un homme, blanc, quinquagénaire, travaillant dans le monde de la finance, ayant fait HEC, la London Business School, profondément immoral, cynique et issu d’un milieu privilégié. La seule difficulté à laquelle il aurait été confronté aurait été de naître. Et évidemment, il habite Paris ou une grande capitale européenne.

Cette image est fausse. Profondément fausse (et aussi peu sympathique pour les personnes décrites plus haut ayant l’une de ces caractéristiques).

Le libéral n’entend pas nier les difficultés de l’existence. Bien au contraire. Il tient compte de la réalité de la société. A l’image des hommes, la société est imparfaite et est profondément inégalitaire. Le libéral ne veut pas que des individus suivent un chemin unique mais sait que différentes voies doivent lui être offertes. Il veut développer un système d’éducation décentralisé offrant à chaque élève ce dont il a besoin. Moins l’Etat intervient dans la société, mieux la société se porte. Les associations en savent beaucoup plus sur les individus que l’Etat engoncé dans une lourdeur centralisatrice, administrative et bureaucratique. Les Restos du Coeur sont les mieux à même de savoir ce dont ont besoin ceux qui souffrent.

Le libéral ne nie pas la pauvreté mais la combat. En effet, Milton Friedman a envisagé cette question. Il s’agit d' »un minimum vital diminué progressivement au prorata des gains obtenus par leur travail basé sur un pourcentage du revenu d’insertion« . Si des inégalités continuent à exister, elles ne doivent pas être combattues par l’Etat. Je conçois totalement la dureté de cette sentence. Mais qui peut croire que nous sommes tous égaux ? Jamais, je n’aurai le niveau d’un joueur de football jouant dans l’Equipe de France ou  la possibilité de devenir pilote de chasse. Je veux simplement faire ce que je souhaite, si je le souhaite, en tenant compte de ce que la nature a pu me doter (*). L’Etat n’a rien à y faire. De même, le libéral défend la suppression du SMIC. Pour lui, le plus important est d’inciter à embaucher, le SMIC étant un frein. Evidemment, il sait parfaitement qu’un SMIC ne permet pas de vivre de manière correcte. C’est pour cela qu’il veut, en plus de l’impôt négatif, la baisse des charges et de la dépense publique pour que le salaire versé à la fin du mois soit plus élevé qu’il ne l’est aujourd’hui.

Pour autant, l’Etat ne doit pas être inexistant mais seulement être à sa juste place. La justice et la police doivent avoir les moyens nécessaires pour se développer. Par ailleurs, être libéral ne signifie pas vivre sans règle. Les lois, fixées par la puissance publique, doivent être respectées, mais n’ont pas à être alourdi, année après année.

Le libéral entend simplement faire preuve de responsabilité. Il souhaite que l’individu puisse s’épanouir et pense que le rôle de l’Etat n’est pas d’intervenir en ce sens. En réalité, le libéral, dans sa manière d’envisager la société, n’est pas un idéaliste.

(*) Aucun sous-entendu graveleux…

Kephas

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