Kephas

Un catho à contre-courant

Mois : avril, 2014

Le principal, c’est l’accessoire

La charge portée à l’encontre de Gaspard Gantzer est minable. Le nouveau conseiller chargé de la communication auprès de l’Elysée est accusé d’avoir consommé de la drogue. Pour une fois bien mal inspiré, Le Lab a retrouvé une image de cet homme fumant ce qui semble constituer un joint. L’intérêt de cette information me laisse songeur. D’une part, rien ne prouve que cela soit un pétard et d’autre part, cet homme n’est pas un personne public, de surcroît, il n’est pas membre du gouvernement – et encore moins ministre de l’Intérieur. Il n’est en aucun cas chargé de lutter contre la drogue. Et si tel était le cas, il serait le mieux à même de juger des conséquences de la consommation de ce produit. Cette transparence est inquiétante. Elle est inquiétante car elle est parcellaire.
Telle l’affaire Aquilino Morelle qui a choqué non par l’évocation d’un conflit d’intérêt supposé avec des laboratoires mais par la présence récurrente d’un cireur particulier au sein même de l’Elysée.
Pensons à Jérôme Cahuzac poursuivi pour avoir possédé un compte bancaire non déclaré à l’étranger. L’origine des fonds n’ayant que peu été questionné. Dernier exemple, l’affaire Tapie. Un arbitre a manqué de mentionner les liens passées avec l’ancien président d’Adidas  Cette faute serait bien plus importante que la gestation catastrophique du Crédit Lyonnais, nationalisé, ayant conduit à la situation actuelle. Je conçois absolument que le symbole est important mais de là à ce que l’accessoire supplante le principal, je ne suis pas convaincu de la justesse de cet état de fait.

 

Kephas

 

Syrie, retours d’otages: les leçons d’une libération…. Philippe Rochot.

Philippe Rochot / Reportages pour mémoire/

Le scénario des affaires d’otages à quelque chose d’immuable. Dans un premier temps, des hommes sont capturés dans quelque région du monde où sévissent des groupes rebelles en conflit avec la France et l’opinion s’étonne : « qu’allaient ils faire dans cette galère »?

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La Une du Monde, photo de Jean-Claude Coutausse qui s’est pleinement investi sur le conflit syrien..

Puis avec les mois qui passent, la compassion et la solidarité prennent le dessus. Un comité de soutien plus ou moins influent se met en place, des banderoles s’étalent sur les façades de quelques mairies. Les otages sont cités dans la presse, leurs cas évoqués lors d’un anniversaire ou quand les ravisseurs se manifestent…
Au bout de quelques mois, les médias dénoncent la durée insupportable de la captivité, s’étonnant de l’inaction du pouvoir en place mais le gouvernement s’abrite derrière la discrétion indispensable pour mener à bien toute négociation..
Quand les otages…

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Le libéralisme et la pauvreté

« Tu n’as pas d’empathie car tu es libéral ». Cette phrase prononcée hier contre moi m’a fait réfléchir. En effet, elle illustre parfaitement la vision du libéral. Un homme, blanc, quinquagénaire, travaillant dans le monde de la finance, ayant fait HEC, la London Business School, profondément immoral, cynique et issu d’un milieu privilégié. La seule difficulté à laquelle il aurait été confronté aurait été de naître. Et évidemment, il habite Paris ou une grande capitale européenne.

Cette image est fausse. Profondément fausse (et aussi peu sympathique pour les personnes décrites plus haut ayant l’une de ces caractéristiques).

Le libéral n’entend pas nier les difficultés de l’existence. Bien au contraire. Il tient compte de la réalité de la société. A l’image des hommes, la société est imparfaite et est profondément inégalitaire. Le libéral ne veut pas que des individus suivent un chemin unique mais sait que différentes voies doivent lui être offertes. Il veut développer un système d’éducation décentralisé offrant à chaque élève ce dont il a besoin. Moins l’Etat intervient dans la société, mieux la société se porte. Les associations en savent beaucoup plus sur les individus que l’Etat engoncé dans une lourdeur centralisatrice, administrative et bureaucratique. Les Restos du Coeur sont les mieux à même de savoir ce dont ont besoin ceux qui souffrent.

Le libéral ne nie pas la pauvreté mais la combat. En effet, Milton Friedman a envisagé cette question. Il s’agit d' »un minimum vital diminué progressivement au prorata des gains obtenus par leur travail basé sur un pourcentage du revenu d’insertion« . Si des inégalités continuent à exister, elles ne doivent pas être combattues par l’Etat. Je conçois totalement la dureté de cette sentence. Mais qui peut croire que nous sommes tous égaux ? Jamais, je n’aurai le niveau d’un joueur de football jouant dans l’Equipe de France ou  la possibilité de devenir pilote de chasse. Je veux simplement faire ce que je souhaite, si je le souhaite, en tenant compte de ce que la nature a pu me doter (*). L’Etat n’a rien à y faire. De même, le libéral défend la suppression du SMIC. Pour lui, le plus important est d’inciter à embaucher, le SMIC étant un frein. Evidemment, il sait parfaitement qu’un SMIC ne permet pas de vivre de manière correcte. C’est pour cela qu’il veut, en plus de l’impôt négatif, la baisse des charges et de la dépense publique pour que le salaire versé à la fin du mois soit plus élevé qu’il ne l’est aujourd’hui.

Pour autant, l’Etat ne doit pas être inexistant mais seulement être à sa juste place. La justice et la police doivent avoir les moyens nécessaires pour se développer. Par ailleurs, être libéral ne signifie pas vivre sans règle. Les lois, fixées par la puissance publique, doivent être respectées, mais n’ont pas à être alourdi, année après année.

Le libéral entend simplement faire preuve de responsabilité. Il souhaite que l’individu puisse s’épanouir et pense que le rôle de l’Etat n’est pas d’intervenir en ce sens. En réalité, le libéral, dans sa manière d’envisager la société, n’est pas un idéaliste.

(*) Aucun sous-entendu graveleux…

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