La régulation n’est pas la solution

En France, on a pas de pétrole mais on a régulé. Notre pays est le seul au monde, avec la Bulgarie, à avoir interdit l’exploration du gaz de schiste, par la loi. Nous préférons ainsi dépendre de l’étranger au lieu de créer des emplois chez nous.

En France, lors de l’introduction d’une nouvelle entreprise cassant un monopole, tout débat politique consiste par une volonté de réguler et d’interdire tout nouveau acteur.

Le site Netflix qui propose des vidéos à la demande sur internet est très populaire outre-Atlantique. Pour s’introduire en France, il devra s’adapter aux lois de notre pays nous affirme la Ministre de la Culture. Elle précise: « Netflix doit se plier aux régulations qui font le succès de nos industries, notamment en matière de financement de la création ».  Si on peut louer cette ambition de préserver une vision bien particulière du cinéma, on peut s’interroger. Au regard de la faiblesse du cinéma français , peut-on vraiment penser qu’un internaute ira télécharger un film français afin de respecter lui-même ce quota ? De fait, s’il choisit de voir l’intégral de Fast and Furious, aura t’il en plein milieu un clip de Christophe Maé * ?

Les libéraux ne veulent pas supprimer toutes règles. Ils ne souhaitent pas non plus une société autorégulée mais se posent une unique question : Faut-il plus ou moins d’état ? La réponse est simple. L’Etat doit intervenir dans des domaines grandement limitées. Des règles doivent être établies et rester durables afin de permettre la libéra(lisa)tion de l’économie.

Au lieu de se demander de quelle manière il faut respecter les quotas français, Interrogeons-nous sur les forces et les faiblesses de notre modèle. Daft Punk a cartonné, dans le monde entier. Les quotas n’y sont pour rien contrairement au talent du groupe (et de son distributeur Columbia Records).

Vouloir défendre la régulation, c’est adopter une posture moralisatrice.

Ce n’est pas en mettant en place la loi anti-Amazon que les librairies seront sauvées. C’est en instaurant la concurrence. Acheter un livre vingt euros n’est pas donné à tout le monde. Adoptons le modèle britannique, il est simple. Le prix unique du livre n’existe pas. Le libre choix est donné au consommateur. L’acquisition d’un ouvrage neuf est rendu possible à peu de frais. Pour acheter un beau livre, des boutiques spécialisées existent comme Daunt Books.

De même, si certains ont contesté le parachute doré de Philippe Varin de 21 millions d’euros, soulignons que la mise en place de ce statut a une raison économique. L’Ecole Harvard soutient l’idée que la retraite-chapeau permettrait aux dirigeants qui ont commis des erreurs de gestion de les reconnaître plus facilement. Le chef d’entreprise n’aurait ainsi plus aucune volonté de cacher ses pertes afin de garder son poste et de maintenir sa rémunération.

Dernier exemple. Les lois sur le racisme. Que les agressions soient condamnées est une évidence. Que des agressions du fait de la position particulière de la victime soient plus lourdement condamnées, également. Interdire la liberté d’expression pour la simple raison qu’elles contreviennent au principe de pensée imposé par la loi est profondément dérangeant. Catholique pratiquant, j’ai vu bon nombre d’images diffusées tant par Charlie Hebdo que par Les Guignols de l’Info. Oui, elles sont blessantes. Néanmoins, interdire la diffusion de ces images est une folie. Elle est à l’égale de l’intervention étatique dans l’ensemble des domaines.

Kephas

(*) Image directement inspirée d’un article de H16