Néerlandais(e)s, je vous aime

Depuis l’ouverture de ce blog, j’ai toujours eu comme ambition de m’interroger, de vouloir aller plus loin que ce dont je pouvais présupposer. Une fois encore, je vais tenter de suivre cette voie.

Pendant deux mois, j’ai eu l’occasion de travailler aux Pays-Bas, à Amsterdam. Je le reconnais, avant de m’y rendre, je multipliais les clichés plus grotesques les uns que les autres. Je n’avais qu’une image morale, condescendante, et en tout état de cause partielle de cette région, fondée sur la prostitution et la drogue. En réalité, j’ai trouvé des réponses aux questions que je pouvais me poser bien au delà de ce que je pouvais imaginer.

En juillet et août, j’ai quitté un pays morcelé par la loi Taubira et ai rejoint un lieu apaisé. Certes, les néerlandais ont adopté l’ouverture du mariage aux couples de même sexe le premier avril 2001 et les néerlandais rencontrés ont pu être étonnés de la virulence des débats, en France, mais nous n’avons ni le même modèle, ni la même culture. En effet, j’ai pu prendre conscience à quel point nous formions un pays divisé. Nous haussons la voix, nous emportant facilement et manifestement régulièrement là où le calme, le respect des normes et une grande franchise prévalent. Entendons nous bien, je suis fier d’être français, notre culture est riche, nos paysages magnifiques et nous n’avons pas à rougir de ce que nous sommes. Pour autant, croire que tout est immuable, comme nous le pensons souvent en refusant toute réforme, est une erreur. Cependant, il ne s’agit évidemment pas d’aller dans le sens de l’histoire. On ne peut pas tout accepter sous prétexte que la société évolue.  Je suis très réservé quant à l’autorisation des OGM, par exemple. Seulement, il ne peut être que dangereux que de refuser le changement et de ne pas accepter le risque. Cette culture, nous ne l’avons pas.  Les Pays-Bas, eux, l’ont. A l’initiative du Conseil néerlandais de l’énergie, la recherche de gaz de schiste y est encouragée. Nous nous y refusons.  Pour porter des lentilles en France, il est obligatoire de consulter un ophtalmologiste qui, délivrant une ordonnance, permet l’obtention de lentilles chez l’option.  Aux Pays-Bas, les lentilles sont disponibles dans les supermarchés en libre accès, à un prix inférieur de moitié à celui de la France. Pourtant, les opticiens n’ont nullement disparu,

Plus symbolique mais non moins important, l’ensemble des programmes est diffusé à la télévision en version originale et sous-titré en néerlandais. La TNT néerlandaise offre ainsi l’accès à la BBC, CNN ou encore Discovery Channel. En France, seules des chaînes françaises sont proposées et les programmes sont le plus souvent diffusés en français. Leur anglais est excellent, le notre l’est beaucoup moins.

En France, ceux qui veulent s’inspirer de ce modèle de libéralisme sont accusés de faire le jeu de « l’ultra libéralisme » mais s’y refuser, c’est simplement s’opposer à affronter la réalité en face. Les Pays-Bas, pourtant géographiquement proches des pays d’Europe du Nord que l’on dit socialistes, ont fait ce choix. Ils ne s’en portent pas mal et le chômage y est plus faible que chez nous.

Il reste une question à laquelle je ne peux pas répondre.  Pourquoi refuser de s’inspirer de ce qui marche ?

 Kephas

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