Les convictions face à la réalité: le retour du bon sens

Tandis que des actions continuent afin de s’opposer à la loi Taubira, une question existe toujours. Jusqu’où aller pour défendre nos convictions ?
Ne nous cachons pas. Le public présent aux divers manifestations est, en grande majorité, de droite, souvent de culture catholique. Frigide Barjot a su, avec talent, ouvrir ce mouvement. Après la promulgation de la loi, elle a pris le parti de lancer l’avenir pour tous. Désormais, si elle continue à s’opposer à la PMA et à la GPA, elle est favorable à l’union civile.

À l’image des débats sociétaux passés, nous sommes toujours confrontés à la même situation. Affronter la réalité et adapter son discours, réfuter toute évolution ou considérer comme acquis les changements.
Catholiques, nous avons pu, par le passé, nous opposer au divorce, à l’avortement, et aujourd’hui au mariage et à l’adoption pour les couples homosexuels. .
Pourtant, qui se préoccupe aujourd’hui des 220 000 avortements par an, dans notre pays ? Des mariages qui se terminent une fois sur deux par un divorce ? Pas grand monde !
L’avortement et le divorce sont désormais banalisés. Si quelques uns souhaitent la suppression de la loi Veil, la fin du divorce, personne ne l’évoque.
Non, je ne m’oppose pas ni au changement, ni aux évolutions. Je comprends que des femmes puissent avorter, que le divorce existe et soit, dans certains cas, un mal nécessaire. Pour autant, on considère que ces actes comme anodins . L’Etat rembourse ainsi intégralement l’I’interruption volontaire de grossesse. La faute n’étant plus exigée pour rompre un mariage, il est bien plus facile, aujourd’hui, de divorcer

Les convictions passées se sont-elles envolées ?
Les avortements et les divorces sont des périodes lourdes à supporter. Tout le monde, néanmoins, ne franchit pas ce pas. Pourquoi dès lors ne pas promouvoir les valeurs de fidélité, d’écoute et de franchise ? Distribuer des contraceptifs n’a pas pu aider à la diminution des avortements. Pour autant, rendre plus difficile l’accès à l’avortement ou au divorce, c’est mettre un sparadrap sur une blessure profonde. Inefficace et dangereux. La prohibition a, par le passé, aux Etats-Unis montré des effets ravageurs. Pourquoi ne pas alors montrer la réalité telle qu’elle est ? La vie est difficile, les efforts immenses et un mariage ou un acte sexuel ne sont pas de simples actes de la vie quotidienne. Et si c’était, en réalité, le retour du bon sens ?

Kephas

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