De l’intérêt de l’Inspecteur Derrick

Comme un couperet, la nouvelle est tombée et elle fait mal. Horst Tappert, acteur principal de la série L’Inspecteur Derrick a été, dans sa jeunesse, un Waffen SS. En réaction, la chaine allemande ZDF a décidé de suspendre toute rediffusion des épisodes.
Loin de vouloir entrer dans un débat sur la présomption d’innocence, ni de débattre sur la nécessité ou non d’interdire des écrivains/chanteurs qui ont eu un comportement trouble lors d’une période passé, il est nécessaire de simplement réhabiliter cette série bien éloignée des caricatures que l’on en a pu en faire.
Incontestablement, l’intérêt des épisodes ne réside pas dans la multiplication des scènes de courses-poursuites mais plutôt dans la qualité du scénario et de la vision assez réaliste de la société dans laquelle nous sommes.

Prostitution, drogue, sont le plus souvent les thèmes abordés. Rien n’est épargné aux téléspectateurs, la souffrance des individus, en perte de repère, y est constamment soulignée. Elle n’est propre non à une seule catégorie de la population mais gangrène la société toute entière.

Parmi les personnages, on y retrouve souvent des quadragénaires, un peu gauches, qui vivent chez toujours chez leurs parents ou des enfants indignes qui ne reconnaissent ni le dévouement ni l’attention qui leur sont portés.
Face à cette impression de trouble, l’inspecteur mène, toujours avec finesse, des interrogatoires qui montrent qu’au delà des apparences de normalité, tout individu conserve ses secrets.

Aujourd’hui, Horst Tappert, n’échappe plus à cette dure réalité. C’est ce qui le rend terriblement humain.

Kephas

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