De la dangerosité de croire tout acquis

par Kephas

« Moins de superflu, plus d’essentiel » est le slogan de Taillefine qui peut aussi s’appliquer à notre société, par le retour à l’essence et à la source.
Comme beaucoup, j’ai aussi une part d’ombre. Ne pas reconnaitre mes faiblesses; ne pas savoir et ne pas l’avouer.
Quelle claque d’affirmer sa religion, ses convictions et de ne pas être capable de reconnaitre les différentes scènes de l’Evangile lors d’une exposition au Musée du Moyen Âge. En l’espèce, si les oeuvres n’exprimaient pas des scènes claires, il aurait été néanmoins préférable de pouvoir les caractériser. Tel n’a pas été le cas. Faute réelle, cette méconnaissance ou en tout cas cette impossibilité de ne pouvoir mettre le nom exact sur une situation donnée est une incitation à une profonde remise en question. L’écueil de toute connaissance que l’on croit acquise est, se fondant sur des souvenirs, penser que l’on sait. Il est évident que je connais les moments de la vie de Jésus mais le manque de travail, de vivacité de ma part ont entrainé une paresse et, de fait, m’ont perdu. Lire, de nouveau, la Bible et les Evangiles auraient pu, à l’évidence, éviter cette situation gênante.

Dépassant le seul cadre de la religion, j’ai lu, il y a peu, « les discrètes vertus de la corruption » de Gaspard Koenig, la ligne directrice de cette ouvrage m’a troublée. La corruption peut être nécessaire. Quoi de plus critiquée que la corruption ? Pour s’en convaincre, il suffit de lire sur internet, la liste facilement accessible de nombreux élus de gauche comme de droite condamnés pénalement pour cet infraction. Dans une analyse finement détaillée, l’auteur compare la corruption à l’amitié. Ne reconnait-on pas les « vrais » amis quand nous avons besoin d’eux ? Pourquoi faudrait-il considérer l’amitié comme une relation dénuée de tout intérêt ? Pour la corruption, il s’agit d’adopter la même démarche, rendre service.
De plus, si un écrivain ne peut pas écrire de bons livres s’il n’a pas pu connaitre des expériences sortant de l’ordinaire, un homme politique ne peut, s’il ne connait pas les choses, s’en préoccuper utilement.
La corruption dépasse le cadre moral et la volonté de s’y opposer comme en URSS, par le communisme, n’était qu’un voeu pieux. Il faudrait donc assumer la corruption.

L’exemple controversé de la corruption qui serait, in fine utile, montre un paradoxe clair. Abjecte au départ, la corruption trouve une justification à l’arrivée et comme la méconnaissance des fondamentaux, il est, je crois, indispensable de toujours dépasser ce que l’on pense savoir par des travaux approfondis. Donc acte.

Kephas

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