De mon opposition au mariage et à l’adoption par les couples homosexuels.

par Kephas

J’ai hésité. Pendant plusieurs mois, plusieurs semaines, j’ai hésité à évoquer ici même l’ouverture du mariage et de l’adoption pour les couples de même sexe. Il n’y a rien de plus brûlant que de se prononcer sur une question de société. En se brûlant, on se fait nécessairement mal car des blessures apparaissent et celles ci auraient pu ne pas exister et n’avaient pas à vocation à provoquer une irrémédiable souffrance. On attise le débat comme une flamme qui à force d’être vive devient incontrôlable. La flamme devient feu. C’est ce que je voulais éviter.

De plus, catholique et de droite, ma position étant ainsi a priori connue et un article n’était pas forcément nécessaire.  Pourtant ce billet, j’y ai pensé une fois, dix fois. Oui, j’avais des craintes. Celles de me justifier, dire que je ne suis pas homophobe, que je ne réduis par un être à sa sexualité aux actes qu’il commet et dont je n’ai pas à juger. Dire aussi que des connaissances qui le sont, (pas des amis, j’en ai bien peu et s’ils étaient, rien ne changerait, je garderai pour eux toute mon amitié, toute mon estime, j’espère qu’eux-même également à mon endroit). Penser aussi au nombre insupportable des jeunes homosexuels qui se suicident et avoir en tête l’argument entendu plusieurs fois selon lequel ceux qui refusent «l’égalité pour tous» auraient été les mêmes à interdire aux femmes de pouvoir voter aux élections.

Et puis s’auto-justifier n’est, en réalité, qu’une excuse infondée pour ne pas affronter le débat.

Finalement, un évènement m’a poussé à rédiger cet article.

Une connaissance m’a annoncée, hier, qu’elle était homosexuelle. Je pense donc, naïvement peut-être, que si la personne me faisait part de cette information, alors qu’autour d’elle, peu était au courant, c’est qu’au fond, elle ne se préoccupait en aucune manière des interrogations précedemment exposées.

Au fond, au lieu de se détourner d’un incendie, il faut mieux l’affronter.

Certes, je ne prétends être ni pompier, ni extincteur, je n’en ai, en aucune manière , la prétention, mais je souhaite juste donner mon opinion.

Vouloir un enfant lorsque l’on s’aime est tout à fait naturel. C’est pour cela qu’en France, mariage et procréation sont liés. Pour preuve, le mari d’une femme mariée est présumé être le père de l’enfant. Certains contreviennent à ce principe, les couples stériles qui adoptent. L’enfant adopté n’est pas l’enfant biologique du couple adoptant mais il s’agit bien d’une reproduction sociologique, d’un homme et d’une femme ayant conçu un enfant et qui n’ayant pu les garder ont dû s’en séparer et le confier à un autre couple. Après la seconde guerre mondiale, le nombre d’orphelins était tel que les célibataires ont pu s’adapter. C’est une brêche au principe énoncé plus haut. Qui empêche un couple d’hommes ou de femmes d’adopter si le lien mariage et adoption n’existe plus, ou du moins partiellement ? A cela, peut-on se demander si une exception doit devenir une norme ? La réponse est négative. Il ne s’agit pas de faire, deux poids, deux mesures. Deux hommes ou deux femmes ne peuvent pas avoir d’enfant, un homme ou une femme seul(e) non plus et ces modèles ne sont pas les meilleurs. Autour de moi, des amis vivent dans une famille monoparentale, l’un des deux parents est mort ou les parents ont divorcé. Ces proches m’ont toujours parlé d’un manque d’affection et ont souffert de solitude. Il ne s’agit pas par là de dire qu’une famille composée d’un père et d’une mère sera absolument meilleure qu’une femme/ qu’un homme élevant seul(e) ses enfants, la violence conjugale est une explication à cette situation et ne justifie en aucun cas qu’un couple puisse vivre ensemble mais il s’agit de la forme de famille biologique. On objectera à cet argument que deux hommes valent mieux qu’un homme seul et que priver un couple homosexuel d’un enfant, c’est faire preuve de discrimination. Or, non seulement un (ou plusieurs) cas particuliers n’est pas une réalité intangible mais surtout, on ne peut comparer un couple pouvant biologiquement avoir un enfant par l’union d’un homme et d’une femme et deux hommes et deux femmes. La discrimination est le fait de traiter différemment de personnes dans une même situation, or en l’espèce, ce n’est pas le cas. De fait, s’il me semble incohérent de conserver l’adoption par les célibataires, elle le serait d’autant plus pour les couples de même sexe.

Kephas

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