François Hollande et les catholiques

par Kephas

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L’élection de François Hollande marque l’arrivée, pour la deuxième fois au cours de la cinquième République, d’un président socialiste à la tête de l’Etat. Ce choix, s’il est celui des français, n’est, pour le moins, pas la volonté d’une majorité importante des catholiques pratiquants réguliers. Ainsi, 79 pour cent d’entre eux ont voulu reconduire Nicolas Sarkozy. Voter pour un candidat, c’est évidemment défendre des valeurs. La défense de la vie en est la première. Les catholiques de droite comme de gauche s’accordent sur ce point. On peut ainsi noter l’initiative intéressante des poissons roses, un courant qui tend à défendre les valeurs du catholicisme, au sein du PS. Nous évoquerons tant la conception de la vie, et l’IVG, que de l’euthanasie. Parmi nous, nous n’avons pas tous le même positionnement quant à la volonté ou non de l’arrêt total de l’interruption volontaire de grossesse. Certains, comme Axel de Boer ou des associations SOS Tout-Petits le défendent pleinement. D’autres, comme le maire et candidat aux élections législatives du Parti Chrétien-Démocrate, Hugues Foucault et l’avocat/blogueur Koz, estiment que le plus important est, en premier lieu, d’enrayer le nombre toujours plus accru d’avortements. C’est cette seconde catégorie qui me semble la plus réaliste. Comment peut-on justifier deux cent mille IVG par an ? Si d’un point de vue juridique, il serait très difficile d’accorder, par exemple, une compensation du fait de son préjudice, à une mère dont le foetus meurt en raison d’un accident de voiture, il reste la vision éthique. Au lieu de proposer le remboursement total aux mères qui doivent s’y résoudre, ne faut-il pas, d’abord, faire en sorte que la grossesse n’ait pas lieu, si on ne souhaite pas qu’un enfant soit conçu. Nul n’est obligé à avoir des relations sexuelles. Toutes les conséquences doivent en être assumées. La comparaison peut paraître excessive mais si nous avons un accident de voiture, est-il possible de revenir en arrière ? Non, les compensations financières ne peuvent, en cas de préjudice lourd, supprimer toutes les peines et les douleurs du monde. Pourquoi alors revenir en arrière et estimer que l’avortement supprimerait cette situation. Bien entendu, il arrive que des femmes se fassent violées, la question de l’avortement peut être soulevée. Le foetus compte, bien sûr, mais une femme victime de ce crime peut-elle supporter l’enfant de son agresseur ? Il est indéniable que dans l’ensemble des cas de figure, l’homme a, en partie, sa part de responsabilité. Qu’il les assume. C’est là le problème. Il se défausse souvent. La femme ayant la charge de cette éducation et devant répondre à cette situation. Faisons en que l’avortement ne soit utilisé que de manière infime. Développons des mesures alternatives à travers des cellules d’écoute, du soutien psychologique. Croire que le port du préservatif résoudra tout, à lui seul, est une erreur.

L’euthanasie est également un sujet essentiel. Nous connaissons tous des proches, gravement malades. Notre peine est immense. On ne sait comment les aider, nos prières, notre soutien, notre attention ne peuvent pas tout. Pourtant, la vie est un don. Certains proposent que si la souffrance trop forte, le mal trop profond, il est nécessaire de commettre un acte qui cause volontairement la mort avant son heure. Je crois comme Yvonne Lambert-Faivre, que cette mort ne devrait légitimée par aucune loi; la légaliser «fût-ce à titre exceptionnel, ouvrirait la boite de Pandore des pires dérives eugéniques»

La loi de Jean Léonetti est, à mon sens, suffisante. Restons-en là. Le corps médical est dévoué corps et âme à nos patients. Ils savent mieux que quiconque qu’on ne peut et qu’on ne doit tout faire. Il en va de notre dignité.

Kephas

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