Reconstruisons le centre-droit

par Kephas

L’entre deux-tours aura été marqué par l’ascension spectaculaire de Marine Le Pen. Irrémédiablement, la dédiabolisation aura fonctionné. Louis Aliot et Florian Philippot n’y sont pas étrangers. Néanmoins, je ne me reconnais en aucune façon dans les valeurs qui y sont exprimées, me sentant bien plus proche de la démocratie chrétienne.

Vous l’avez lu, vu ou entendu, François Bayrou a annoncé voter « à titre personnel » pour François Hollande.

Peu après ce discours, je me suis rendu au siège du Modem afin de voir quelle était l’ambiance. J’y suis resté une heure. En arrivant, j’y ai croisé Robert Rochefort, Député Européen.

Il n’y avait pas grand monde, une quarantaine de personnes et très peu de jeunes. J’ai discuté avec un couple, centristes depuis toujours. On a parlé du Sillon de Marc Sangnier, de la Démocratie Chrétienne, de Raymond Barre . Ils semblaient assez dépités par le choix exprimé par le leader du Modem. Eux ne voteront ni blanc, ni Hollande.

Autour de moi, je n’ai pas entendu de rire et n’ai pas vu de sourire mais plus mais vu une résignation et ai eu l’impression d’assister à une fin de règne.

En votant pour François Hollande, François Bayrou rompt avec la tradition centriste présente en France depuis 1958, celle d’une alliance avec la droite. Il s’agit d’une profonde erreur, à mon sens. Quelle est la légitimité d’un homme qui, après avoir fait de la dette son cheval de bataille, se range auprès d’un candidat qui souhaite embaucher soixante-mille fonctionnaires dans l’Education Nationale et augmenter certaines allocations. Si la quantité du nombre d’enseignants faisait la qualité de notre système éducatif, on le saurait. Il ne s’agit pas là de stigmatiser une partie de notre population mais c’est se tromper de curseur que de ne pas croire que l’essentiel n’est pas d’améliorer les conditions de l’enseignement par une refonte des programmes, des exigences, que par la seule embauche de professeurs.

Nicolas Sarkozy peut sembler bien isolé. Aucun ancien candidat à la présidentielle lui a apporté son soutien au second tour, les sondages, s’ils ne font pas une élection, sont mauvais. L’affaire semble pliée. La défaite parait proche. Le cas contraire renforcerait l’UMP mais je n’y crois plus vraiment.

Une question se posera forcément. Quel avenir pour l’UMP ?

L’UMP a été crée pour regrouper le centre droit, une partie de l’ex UDF et le RPR, en 2002. En 2007, l’UDF a implosé. On a vu naitre en quelques années le Modem de François Bayrou, Alternatives Libérales de Louis-Marie Bachelot, le Parti Chrétien Démocrate de Christine Boutin, le Nouveau Centre d’Hervé Morin et plus récemment le Parti Libéral Démocrate. Malgré des différences substantielles, tous ont des valeurs communes, celles de considérer que la dépense doit être maîtrisée, que la liberté dans le domaine éducatif est une priorité, que la recherche de boucs émissaires (l’argent, l’immigré) n’est pas un fin en soi. Ces partis qui constituent une droite modérée ont vocation à s’unir. Cela doit-il passer par une UMP plus élargie, une nouvelle UDF proche de la droite, l’avenir nous le dira. Je plaide pour ce rassemblement.

Kephas

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