Kephas

Un catho à contre-courant

Mois : mai, 2012

Réhabilitons le libéralisme !

Trop souvent, on considère qu’être libéral, c’est vouloir une société sans Etat où les plus faibles seraient exclus de la société. Il s’agit, en réalité, d’une erreur profonde d’analyse. Le libéral veut responsabiliser l’individu et l’Etat ne doit pas se substituer à l’homme. Tout le monde en convient, des règles doivent exister, elles sont essentielles. Je rejoins totalement le point de vue de Gaspard Koenig, candidat aux élections législatives pour la troisième circonscription des français de l’étranger, lorsqu’il considère que le libéralisme commence à partir de dix-huit ans et que l’Etat est indispensable. Au Royaume-Uni, il est nécessaire d’inscrire dans une excellente école son enfant de trois ans afin qu’il puisse accéder aux meilleures études supérieures, ainsi, est laissée à l’écart une partie non négligeable de la population. Néanmoins, nous sommes en France très enclins à accuser la société. Toute réforme visant à libéraliser le marché est contestée de part et d’autre. Nous avons ainsi en France un marché très contrôlé des auto écoles. Il faut ainsi débourser au minimum mille euros afin de passer le permis de conduire à une date que l’on ne peut pas choisir. Les pays anglo saxons mettent en place un système qui permet aux futurs conducteurs de choisir eux mêmes les heures d’examen, En outre, c’est le moniteur qui vient chercher son client en voiture !

Cécile Duflot, nouvelle Ministre de l’Égalité des Territoires et du Logement, propose d’encadrer les loyers. Cette mesure, anti libérale, est inefficace, comme le démontre Pascal-Emmanuel Gobry sur Atlantico.

La concurrence entraine un abaissement substantiel des coûts. L’arrivée de Free sur le marché des mobiles est salutaire car il a entrainé une baisse des coûts pour le client. Certes, des emplois chez SFR sont, ainsi, menacés, mais en parallèle, les groupes déjà bien implantés sur le marché national doivent innover. La 4G va ainsi se développer et créer de nouveaux marchés.

Suivant cette même idée, Valérie Pécresse, en mettant en place l’autonomie des universités permet à la France de concurrencer les universités anglo saxonnes. Des synergies se créent, le plateau de Saclay accueillera ainsi dans plusieurs années des grandes écoles comme des universités.

Pourtant, des enseignants, toujours plus nombreux, partent à l’étranger car ils sont trop peu payés. Peut-on considérer comme normal qu’un maitre de conférences ou même un professeur agrégé gagne le SMIC après des années d’études acharnées ? Ces femmes et ces hommes ont fait le choix, généreux, du secteur public, ils doivent être rémunérés à leur juste valeur. Donnons à l’Education Nationale et à l’Enseignement Supérieur les moyens de se développer, privilégions, par exemple, les accords avec le secteur privé. Il y a vingt-ans ans, au Qatar, le lycée français a été construit grâce à Total et Paribas. Les entreprises privées, moyennes ou grandes, peuvent remplacer judicieusement l’Etat. Pensons aussi aux mécènes et les actions menées par les entreprises en faveur d’associations par le biais d’Admical.

Croire que l’Etat peut tout faire à n’importe quel prix est une erreur. Nous n’en avons pas les moyens.

Donnons plus de liberté à nos entreprises. Elles ont montré qu’elles étaient essentielles. Les brimer ne sert à rien.

Kephas

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Laissons jouer Yoann Gourcuff !

 

Crédits: David Adémas


« Comment ne pas comparer Yoann Gourcuff, magistral, dimanche face au Paris-SG (4-0), à Zinédine Zidane ?», L’Equipe, le 13 janvier 2009, définissait l’ancien Bordelais «comme le digne héritier de l’ancien meneur de jeu des Bleus». Aujourd’hui, le ton a évolué. Ainsi, France Football, le 18 mai dernier s’interrogeait quant à la pertinence de sa participation aux prochains jeux de l’Euro 2012 « Sur ce qu’il a fait, et en l’occurrence sur ce qu’il n’a pas fait, Yoann Gourcuff ne mérite pas sa place dans les vingt-six joueurs sélectionnés actuels. Ce n’est pas plus compliqué que ça». Il est clair que le niveau de jeu de Yoann Gourcuff peut sembler decevant au regard du salaire qui lui est versé. D’autres joueurs sont certainement plus efficaces à un coût moindre. Pourtant, sa starification, il y a quelques années, comme son lynchage, aujourd’hui, semblent exagérés. Rien ne peut transformer une personne humaine en un demi-dieu, un être quasiment immortel, l’idole d’une génération qui, du fait de bons matches, accéderait à une notoriété hors de toute mesure, lui permettant de vendre, par exemple, une bouteille d’eau. Rien ne peut transformer une personne humaine, devenue «transparente» comme n’ayant aucun avenir possible. La presse est revenue à plusieurs reprises sur le joueur, qui, durant la Coupe du monde en Afrique du Sud où il fût, de l’avis de tous, malmené. « Le comportement de certains cadres avec Yoann était vraiment limite, souligne un joueur qui était du voyage en Afrique du Sud. Mais lui, de son côté, aurait dû faire preuve de plus de personnalité plutôt que de s’enfermer dans son coin.» Tel est en réalité le coeur du problème.La volonté pour un club de «rentabiliser» l’achat d’un joueur est totalement légitime. Qui peut prétendre qu’un salaire versé doit l’être sans aucune contrepartie, c’est-à-dire, celle de jouer efficacement et, pour un footballeur, de marquer régulièrement. Néanmoins, ceux qui sont accusés d’un tel comportement ou qui ont fait appel à des prostituées qui plus est mineures, sont-ils plus exemplaires pour participer à cet Euro 2012 ? Cessons cette polémique qui n’a pas lieu d’être. Cessons d’aduler puis de lyncher des individus qui sont là simplement pour jouer. Remettons les joueurs là où ils doivent être. Sur un terrain. De Yoann Gourcuff et de son père, entraîneur du FC Lorient, la Bretagne en est fière. La France aussi. Laissons Yoann Gourcuff faire son travail. Sereinement.

Kephas


Précisions

Je publierai, de temps en temps, des articles déjà rédigés par d’autres. Cela ne veut pas dire que j’approuve la totalité des propos exprimés mais seulement qu’ils me semblent intéressants.

Veuillez trouver, ci dessous, l’article de Laurent Bouvet.

Kephas (leblogdekephas (at) gmail.com)

Contre le (faux) débat identitaire qui vient

Laurent BOUVET

Une élection présidentielle permet souvent de mettre en scène, de manière inaugurale, les débats qui occuperont les années suivantes. Mais celle que nous venons de vivre annonce peut-être une véritable rupture, en tout cas le basculement d’un système politique trentenaire vers un autre. À droite comme à gauche, les lignes bougent. De nouvelles frontières organisationnelles et idéologiques se superposent aux anciennes. Il faut donc tenter d’éclairer ces clivages qui structureront demain le champ politique.

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Pourquoi TF1 voit l’audience de ses journaux du soir et du week-end baisser ?

Inlassablement, le sort semble s’acharner sur TF1. Chose impensable il y a dix ans, pour la chaîne qui franchissait alors régulièrement la barre des quarante pour cent d’audience, durant son rendez-vous d’information du soir, seuls 23,8 pour cent des telespectateurs étaient devant le journal de Laurence Ferrari, hier.  France 2 a vu ses audiences se redresser, battant ainsi systématiquement la première chaine de France depuis plusieurs mois, sur les retransmissions événementielles (mariage du Prince William et de Kate Middleton, dernières soirées électorales). Il convient de s’y arrêter un instant afin d’expliquer cette situation, l’arrivée de la TNT entre temps n’expliquant pas tout.

L’année 2007 a vu le départ du duo historique de Patrick Le Lay et Etienne Mougeotte, respectivement président directeur général et vice président de TF1, tous deux remplacés par Nonce Paolini.

A cette époque, malgré des audiences légèrement en baisse, Patrick Poivre d’Arvor régnait en maitre à la présentation des informations du soir, tandis que France 2 connaissait une audience, pour son journal télévisé, de moins de vingt pour cent de part de marché pour la première semaine de juin de cette même année, inférieure de près de moitié à celle du 20H00 de TF1.

Pourtant, TF1 écarta, en juillet 2008, l’ancien présentateur du journal de TF1 et le remplaca par Laurence Ferrari, qui, évincée deux ans plus tôt de TF1, travaillait à Canal plus. Jean-Claude Dassier, ancien directeur de la rédaction de la chaine d’information LCI, remplaçait alors Robert Namias à la direction de l’information. France 2 quant à elle, gardait sa confiance à David Pujadas, et Laurent Delahousse, arrivé deux ans plus tôt sur le service public. Thierry Thuillier, ancien responsable du service étranger de la chaîne publique et ex présentateur de l’émission « Un œil sur la planète» devenait, quant à lui, rédacteur en chef du journal de 20 h de France 2 sur proposition d’Arlette Chabot, alors directrice de l’information de la chaîne.

Laurence Ferrari, entendait, en 2008, « varier les durées, faire plus de brèves, de off, de sujets plus longs » indiquant  alors vouloir « casser l’effet monotone des sujets qui s’enchaînent sur la même durée« .

Son premier journal du 25 août 2008 fut ainsi exigeant avec l’interview du président Géorgien, Mikheil Saakachvili, en conflit ouvert avec la Russie et recolta près de quarante pour cent d’audience. Force est de constater que ces modifications n’ont pas suffit. A cette époque, France 2 était en crise. La société des journalistes, par la voix de Jacques Cardoze, accusait la chaine de copier TF1; Thierry Thuillier, ancien responsable du service étranger de la chaîne publique et ex présentateur de l’émission « Un œil sur la planète» devenait redacteur en chef du journal de 20 h de France 2 sur proposition d’Arlette Chabot, alors directrice de l’information de la chaîne.  Quelques mois plus tard pourtant, il quitta son poste pour rejoindre i>TELE, chaine d’information française. La nomination du nouveau Président de France Télévision, Rémy Pfimlin, vit le retour de Thierry Thuillier succédant alors à Arlette Chabot.

S’inspirant de son passage sur la chaine du groupe Canal plus, en prenant en compte le poids des chaines d’information en continu et la présence de smartphones qui facilitent l’accès immédiat à l’information, Thierry Thuillier, a modernisé, en profondeur, les 20 heures de France 2. A travers la multiplication des duplex, l’intervention accrue sur le plateau des intervenants spécialisés (notamment Jean-Daniel Flaysakier pour la santé, Etienne Leenhardt sur les sujets étrangers, Jean-Paul Chapel pour l’économie). Sur la forme, par la mise en place de nouveaux générique, plateau et habillage et par l’instauration, de «dossiers» plus long et par des rendez-vous différents, le week-end. Ainsi, ont été maintenus 13h15, oscillant entre un reportage allongé, chaque samedi, et un débat entre un acteur de la vie civile et des éditorialistes, le dernier jour de la semaine. Les journaux ont été aussi allongés, dépassant allégrement 20h35, heure qui était, depuis la suppression de la publicité sur les chaînes publiques après 20h, celle des débuts du programme de première partie de soirée. Julian Bugier, jeune journaliste devenu remplaçant de David Pujadas. Marie Drucker est chargée, quant à elle, des journaux du week-end durant les vacances de Laurent Delahousse et des évènements en direct de la chaine.

TF1 a tenté d’innover, elle aussi, à travers des déplacements à l’étranger d’une partie de l’équipe du 20H, on peut se souvenir d’une interview réalisée en Iran avec Mahmoud Ahmadinejad, un générique légèrement modifié et un nouvel habillage sont apparus comme également un reportage plus long, chaque soir. Pourtant, la différence majeure porte, de l’aveu même d’un journaliste du groupe TF1, sur le fond. Cette dernière a l’habitude des sujets factuels, en racontant par exemple la vie d’un candidat; A l’inverse, France 2 va poser une problématique et tenter d’y répondre.  Elle s’appuie sur ses nombreux bureaux à l’étranger (Israel-Palestine, Russie, Chine, Royaume-Uni, Etats-Unis, Italie, Allemagne, Russie, Belgique et Sénégal) contrairement à TF1 qui a fermé, en l’espace de quelques mois, ses bureaux russe et italien.

TF1, chaine leader, a essayé de réagir. Axel Duroux, ancien président de RTL a été recruté. Las, il est parti rapidement. Le départ de Jean-Claude Narcy qui commentait aussi bien la célébration de la Fête Nationale que les mariages princiers a été acté du fait de mauvaises audiences. Il a ainsi été remplacé par Gilles Bouleau, ancien correspondant aux Etats-Unis, afin de suivre les évènements en direct, après des audiences décevantes. Michel Floquet, chargé, auparavant, de la rédaction en chef du journal télévisé du soir, lui succédant. Jean-Claude Dassier, quant à lui, est parti diriger l’OM et Catherine Nayl, chargée des reportages, l’a remplacée. Seul un nouveau programme, permettant de mieux connaître une ville, et instauré le week-end a rencontré son public. Néanmoinns, ces changements n’ont pu modifier positivement les audiences.

Les audiences de France 2 sont d’autant plus remarquables qu’il existe désormais des programmes concurrents fédérateurs par l’intermédiaire du feuilleton Plus belle la vie diffusé sur France 3, qui il est vrai, existait avant l’arrivée de Laurence Ferrari, mais surtout, par l’apparition du 19:45 de M6, et la série Scènes de Ménages, sans compter le déploiement très rapide de la Télévision Numérique Terrestre.

Espérons que TF1 saura retrouver les clefs du redressement.

Kephas

François Hollande et les catholiques

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L’élection de François Hollande marque l’arrivée, pour la deuxième fois au cours de la cinquième République, d’un président socialiste à la tête de l’Etat. Ce choix, s’il est celui des français, n’est, pour le moins, pas la volonté d’une majorité importante des catholiques pratiquants réguliers. Ainsi, 79 pour cent d’entre eux ont voulu reconduire Nicolas Sarkozy. Voter pour un candidat, c’est évidemment défendre des valeurs. La défense de la vie en est la première. Les catholiques de droite comme de gauche s’accordent sur ce point. On peut ainsi noter l’initiative intéressante des poissons roses, un courant qui tend à défendre les valeurs du catholicisme, au sein du PS. Nous évoquerons tant la conception de la vie, et l’IVG, que de l’euthanasie. Parmi nous, nous n’avons pas tous le même positionnement quant à la volonté ou non de l’arrêt total de l’interruption volontaire de grossesse. Certains, comme Axel de Boer ou des associations SOS Tout-Petits le défendent pleinement. D’autres, comme le maire et candidat aux élections législatives du Parti Chrétien-Démocrate, Hugues Foucault et l’avocat/blogueur Koz, estiment que le plus important est, en premier lieu, d’enrayer le nombre toujours plus accru d’avortements. C’est cette seconde catégorie qui me semble la plus réaliste. Comment peut-on justifier deux cent mille IVG par an ? Si d’un point de vue juridique, il serait très difficile d’accorder, par exemple, une compensation du fait de son préjudice, à une mère dont le foetus meurt en raison d’un accident de voiture, il reste la vision éthique. Au lieu de proposer le remboursement total aux mères qui doivent s’y résoudre, ne faut-il pas, d’abord, faire en sorte que la grossesse n’ait pas lieu, si on ne souhaite pas qu’un enfant soit conçu. Nul n’est obligé à avoir des relations sexuelles. Toutes les conséquences doivent en être assumées. La comparaison peut paraître excessive mais si nous avons un accident de voiture, est-il possible de revenir en arrière ? Non, les compensations financières ne peuvent, en cas de préjudice lourd, supprimer toutes les peines et les douleurs du monde. Pourquoi alors revenir en arrière et estimer que l’avortement supprimerait cette situation. Bien entendu, il arrive que des femmes se fassent violées, la question de l’avortement peut être soulevée. Le foetus compte, bien sûr, mais une femme victime de ce crime peut-elle supporter l’enfant de son agresseur ? Il est indéniable que dans l’ensemble des cas de figure, l’homme a, en partie, sa part de responsabilité. Qu’il les assume. C’est là le problème. Il se défausse souvent. La femme ayant la charge de cette éducation et devant répondre à cette situation. Faisons en que l’avortement ne soit utilisé que de manière infime. Développons des mesures alternatives à travers des cellules d’écoute, du soutien psychologique. Croire que le port du préservatif résoudra tout, à lui seul, est une erreur.

L’euthanasie est également un sujet essentiel. Nous connaissons tous des proches, gravement malades. Notre peine est immense. On ne sait comment les aider, nos prières, notre soutien, notre attention ne peuvent pas tout. Pourtant, la vie est un don. Certains proposent que si la souffrance trop forte, le mal trop profond, il est nécessaire de commettre un acte qui cause volontairement la mort avant son heure. Je crois comme Yvonne Lambert-Faivre, que cette mort ne devrait légitimée par aucune loi; la légaliser «fût-ce à titre exceptionnel, ouvrirait la boite de Pandore des pires dérives eugéniques»

La loi de Jean Léonetti est, à mon sens, suffisante. Restons-en là. Le corps médical est dévoué corps et âme à nos patients. Ils savent mieux que quiconque qu’on ne peut et qu’on ne doit tout faire. Il en va de notre dignité.

Kephas