Fin de campagne

par Kephas

 

Une campagne présidentielle idéale serait celle qui opposerait une gauche crédible, réaliste (celle brillamment imaginée par Pascal-Emmanuel Gobry) à une droite, elle aussi, crédible et réaliste. Evidemment, nous aurions comme au Royaume-Uni ou en Allemagne, des différences notables – et nécessaires- quant aux programmes proposés aux français. Un modèle plus ou moins interventionniste tant en matière économique que de mœurs serait proposé (nous sommes en France) mais il existerait une volonté commune du rétablissement des comptes publics. Force est de constater que cette volonté n’est qu’un doux rêve. Il y a quelques jours, François Hollande a exposé ses premières mesures s’il est élu président. Notons tout d’abord le mépris d’un homme qui s’estimant maitre du calendrier, prévoit l’obtention de la majorité requise à l’Assemblée Nationale afin de pouvoir mettre à exécution son programme. Il renverrait les députés nouvellement élus à de simples exécutants qui ne pourront amender les propositions de lois qu’il semble déjà avoir proposées.

 

L’homme qui prône « le retour à l’équilibre » en France en 2017 présente des dépenses nouvelles lors de sa première année de quinquennat. Est ainsi prônée la création de 60 000 postes à l’Education Nationale .S’il suffisait d’embaucher des fonctionnaires de l’Education Nationale afin d’améliorer le niveau de nos élèves, cela pourrait se justifier. Ce constat qui semble être pourtant celui du PS est faux et dangereux. Faux car les politiques successivement mises en place n’ont pu enrayer le déclin de notre niveau d’éducation, dangereux car octroyer aveuglement une hausse du nombre d’enseignants c’est augmenter notre taux d’endettement. Rappelons que chaque français a une « dette » à hauteur de 27 000 euros. François Hollande semble l’avoir oublié.

 

Il oublie également que nous sommes dans un monde ouvert, mondialisé, en faisant part de la volonté d’aligner le taux d’imposition des revenus du capital à celui du travail, il favorise de fait l’exode fiscal et écarte les investisseurs étrangers de notre économie.

 

Nul ne conteste que le capital a besoin du travail mais croire que le travail ne peut exister sans capital est erroné. Comment peut-on innover sans argent, sans brevet, sans création, sans risque ?

 

Au centre, François Bayrou. Le patron du Modem a pu séduire bon nombre d’électeurs en 2007 par sa volonté de regrouper les hommes et femmes de bonne volonté. Des hommes de gauche comme Jérôme Cahuzac, Michel Rocard sont des politiques reconnus. Des deçus de la présidentielle actuelle ont pu également le rejoindre, Anne-Marie Idrac ou Daniel Garrigue notamment. Néanmoins, comment faire confiance à un ancien ministre dont le bilan à l’Education Nationale est si mince ? Que retenir de son action au début des années 1990 sinon celui du changement des noms des filières d’études au lycée? L’ancien porte drapeau de l’UDF a, par sa posture en 2007, provoqué le départ de la quasi totalité de ses députés à l’exception de Jean Lassalle ; Abdoulatifou Aly et d’une certaine manière Daniel Garrigue.

 

Reconnaissons que son discours de volonté de mettre fin de l’endettement public est séduisant mais son bilan est catastrophique.

 

Depuis plusieurs années, la France est dirigée à droite. Reconnaissons que Jacques Chirac n’a pour le moins pas un bilan reluisant. Exceptées les quatre courageuses réformes sous son mandat. La première a été menée par l’ancien ministre des transports Dominique Bussereau qui par son travail pour le moins efficace a su réduire durablement le nombre des morts sur les routes, la seconde est la réforme des retraites de François Fillon, la troisième est celle de Marie-Anne Montchamp, en 2005, sur le handicap, la dernière, plus symbolique, est le décret de Xavier Bertrand afin de mettre un terme à l’usage du tabac dans les lieux publics. Ces réformes cachent bien mal les erreurs calamiteuses des gouvernements successifs. Le plein emploi économique n’avait pour cause que le bon état de l’économie mondiale, rien n’a été recherché afin de réformer nos institutions vieillissantes.

 

Nicolas Sarkozy a su imposer des modifications nécessaires. La réforme des retraites portée par Eric Woerth qui permet, pour le moment, de sauvegarder les retraites, celle de l’autonomie des universités par Valérie Pécresse qui les ont fait entrer au XXI ème siècle, du service minimum dans les transports mettant un terme aux grèves, injustices subies par les français qui se voyaient privés, jusqu’alors, de leur accès à leur travail. Ajoutons enfin le succès du Grand-Paris dont le travail a été fourni en grande partie par Christian Blanc.

 

Il est vrai qu’à de très nombreuses reprises, j’ai vivement critiqué la politique mise en place. J’ai ainsi pu manifester des réserves sur des mesures personnelles prises par le Président de La République, sur l’EPAD, en particulier. Le projet Hadopi comme le discours de Grenoble ont pu me sembler inefficaces. Sur ces premiers points, le président s’en est expliqué, clairement, je n’ai pas à y revenir, estimant la page tournée. Sur Hadopi et le discours de Grenoble, des évolutions notables ont été présentées. A titre personnel, cette loi sur le piratage des œuvres protégé me semblait terriblement mal préparée. Le téléchargement illégal est un vol, pourtant, ce choix exercé par une partie des internautes n’est pas fait avec entrain D’une part, les titres proposés illégalement sont bien plus fournis que sur les plateformes recommandées. Comment trouver un film étranger de série z du début des années 1990 ou un film français de l’entre deux guerres uniquement qu’à travers l’utilisation des moyens illégaux.

 

Aujourd’hui, des améliorations substantielles ont vu le jour. La Carte musique, hélas, n’y est pas pour grand chose contrairement aux accords passés entre Orange et Deezer qui permettent l’accès au plus grand nombre à des titres toujours plus étoffés.

 

Quant aux films, c’est dans ce domaine que les nouveautés sont les moins flagrantes même si on peut noter que de plus en plus d’opérateurs (comme Canal Plus ou des chaines de télévision proposent la vidéo à la demande)

 

De plus, la loi Hadopi semblait être une usine à gaz. Il fallait justifier de la sécurisation de sa connexion internet afin d’échapper à toute poursuite. Cette erreur de taille, quand on sait que des personnes dénouées de facilité dans ce domaine ont pu être poursuivies, tend à s’amenuiser au regard des décisions portées récemment par l’institution de contrôle

 

Quant au discours de Grenoble et la volonté de déchoir de la nationalité française ceux à l’origine d’exaction, son application risquait de rendre apatride des français, projet pour le moins étonnant mais qui ne semble plus d’actualité.

 

Tout n’est pas parfait. Tout n’a pas été fait. Je pense ainsi à la Commission Attali dont les propositions n’ont pas été toutes appliquées. Un cinquième de notre population active est fonctionnaire. Cela est-il vraiment efficace ? La crise mérite, de mettre un terme à nos critiques légitimes, et de nous unir. C’est donc naturellement que je porterai mon suffrage à Nicolas Sarkozy.

 

Kephas

 


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