Quelques pistes pour l’éducation

par Kephas

L’éducation est, pour moi, un sujet passionnant. Non seulement, je suis étudiant, mais surtout j’ai une vision globale du système éducatif français. En effet, avec ma famille, nous avons déménagé à neuf reprises en France comme à l’étranger, j’ai connu des établissements publics, privés, sous contrat et hors contrat. Aussi bien des professeurs réputés dans des lieux prestigieux que d’enseignants peu motivés, dans des villes peu attrayantes.

Ces changements m’ont appris à m’adapter, m’ouvrir aux autres et à me remettre constamment en question. En revanche, j’ai connu de nombreuses difficultés au cours de ma scolarité. Aujourd’hui, j’ai la chance de suivre des études qui, sont celles, que j’ai pu choisir. En revanche, je suis loin d’être un étudiant idéal. Peu à peu, je fais en sorte de résorber mes lacunes qui sont immenses. Ne pas savoir si j’allais ou non déménager l’année suivante n’a pas été pour moi une chose facile. Je le sais, j’ai reçu une instruction différente de celles des autres. Je remarque bien aujourd’hui que certaines de mes activités ne sont pas celles des personnes de mon âge. Par le passé, j’ai pu aussi connaître des moments de doute cherchant alors la compagnie des personnes avec plus de recul. Il a été frustrant en rentrant en France de ne pas pouvoir partager mes impressions car ces voyages n’intéressaient pas grand monde si ce n’est personne. 

Néanmoins, je ne regrette pas d’avoir vécu cette expérience et j’en tire plusieurs conséquences quant à ce que devrait être l’enseignement idéal.

Il me semble très important de dissocier instruction et enseignement, il n’est pas possible d’avoir en classe des élèves sans aucune règle de politesse. L’enseignant et le professeur ne sont pas là pour apprendre les règles minimales de société mais pour enseigner. Je sais pertinemment que tout le monde n’a pas la chance, hélas, d’avoir une famille unie, qui puisse soutenir leurs enfants. C’est pourquoi, certaines règles doivent être instituées, le port de l’uniforme, le vouvoiement obligatoire des élèves face au professeur (l’inverse est vrai) doivent se mettre en place.

Trop souvent, au cours de ma scolarité, j’ai vu des élèves trébuchant sur les mots, en lisant ils avaient une véritable souffrance, une vraie nausée. La proposition faite par Luc Ferry de dédoubler les classes de CP me semble une idée efficace.

Je n’ai été qu’un très mauvais élève en mathématiques mais j’ai pu développer certains mécanismes par la récitation obligatoire de calculs mentaux au début de chaque cours. La dictée et la récitations de fables doivent aussi être revalorisées.

A ce stade, on pourrait me considérer comme un étudiant d’un autre temps. Ces mesures, strictes, doivent être accompagnées par un vrai accompagnement de la part des professeurs. Certains réclament une augmentation massive des enseignants, je ne crois pas cette mesure efficace. La France dépense en moyenne six pour cent de son PIB en matière d’éducation, et ce ne sont pas les 859 294 enseignants qui permettent d’enrayer la crise de notre système éducatif.

On a coutume de dire que les Français sont pessimistes, c’est vrai. Face aux annotations acerbes portées par les enseignants à leurs élèves, il semble plus adéquat de souligner aussi l’apport de l’élève et non faire part âprement de ses échecs. 

La question de la confiance de l’élève me semble ainsi essentielle. La motivation l’est tout autant.

Nous avons l’habitude de croire que tout est figé, un élève, habitant en province ne pourra réussir, un mauvais élément devra faire un métier technique. 

Comment peut-on progresser en croyant que tout est déjà écrit ?

Je le reconnais également aisément, j’étais un mauvais étudiant en langue étrangère. J’ai toujours réussi à comprendre, à me débrouiller mais jamais à écrire correctement. La faute en est à notre système. Rendez-vous compte. En Espagne, nous n’avions pas de professeurs de castillan espagnol mais français. Par souci de corporatisme, nous préférons embaucher un enseignant dûment diplômé avec un accent déplorable qu’un étudiant étranger qui pourra par là même se faire un peu d’argent de poche. 

J’ai pu compenser mon retard flagrant à travers l’apprentissage de l’anglais en lisant des journaux et en faisant la méthode Assimil (ou plutôt l’Anglais sans maître). Mon espagnol n’est pas trop mauvais, la vie à Madrid m’a aidée, c’est vrai, c’est un privilège certain que j’ai reçu.

Il ne s’agit pas de critiquer les enseignants, mais face à l’égalitarisme forcené prôné par certains, ils se sont découragés. Cela explique le fait que L’Education Nationale a dû mal à recruter,

Les élèves aussi mauvais que brillants ne peuvent suivre les cours enseignés. Les deux s’ennuient, le premier car il ne comprend pas, le second car il trouve que le cours proposé est inintéressant. Peu à peu, se développent des offres alternatives, l’apprentissage mais également des enseignements comme les Cours Hattemer, ou le système Montessori. Cela a bien entendu un coût que beaucoup de français ne peuvent pas s’offrir, certains franchissent le pas car ils savent que notre système est archaïque, dépassé. 

Ouvrons enfin un manuel d’économie, de première ou de terminale. Une place importante est portée au chômage, aux inégalités, à la grève. Il s’agit d’une réalité qu’il ne faut pas nier mais on ne peut pas donner de l’espérance à des jeunes qui croient que leur porte est fermée, que tout est impossible.

 

Kephas

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