Doit-on libéraliser la pharmacie ?

par Kephas

 

A l’instar du Royaume-Uni, faut-il vendre les médicaments au sein des supermarchés afin de faire baisser les prix?

 

Ce qui est depuis longtemps le cheval de bataille de Michel-Edouard Leclerc semble peu à peu se mettre en place, en France.

 

 

 

En France, les autorisations d’ouverture de pharmacie sont strictement limitées par les lois en vigueur, ce qui peut laisser croire qu’il existe en France un faible nombre de pharmacies présentes sur sur le territoire et un coût élevé pour le patient du fait d’une non-concurrence présumée. Pourtant ce constat semble a priori faux comme le relève  l’OCDE. Il y a en France trente-cinq officines pour cent-mille habitants, contre 26 en Allemagne, 18 au Royaume-Uni et quarante-huit en Espagne…

 

Relevons les données rapportées en 2004 par l’OCDE, “Seuls la France, le Portugal, l’Espagne et la Grèce pratiquaient des prix inférieurs des substances actives pharmaceutiques les plus vendues (par rapport à l’Allemagne) . En revanche, la Suisse, l’Irlande, l’Autriche, la Belgique, le Luxembourg, la Finlande, le Royaume-Uni, le Danemark, les Pays-Bas et l’Italie avaient des prix plus élevés”

 

Ainsi, s’il peut sembler délicat de comparer des chiffres à une date différente, on aurait pu présumer que la France et l’Espagne faisaient jouer la concurrence à travers un nombre accru de pharmacies, contrairement à ce que l’on affirmait plus haut, ce qui créerait ainsi des prix accessibles tant pour les français que pour les espagnols. Or, cela n’est pas tout à fait exact..

 

En effet, l’Espagne autorise la vente au sein même des supermarchés des produits vendus sans ordonnance. 

 

De plus, en France, se pose le problème de la concurrence dans le milieu rural, comme le relève ce rapport. Les prix seraient ainsi doublés, voire triplés dans les zones les moins accessibles.

 

Les gouvernements successifs de François Mitterrand ont imposé de nombreuses mesures (comme en mars 1990 à la travers la mise en place de la marge dégressive lissée pour les pharmaciens d’officine ou la suppression du supplément d’honoraires pharmaceutiques des pharmaciens par un arrêté du 19 février 1991) visant par des taxes à pénaliser une profession. Est-ce logique qu’un pharmacien ayant commencé à travailler il y a trente ans, malgré un revenu il est vrai plus élevé que la moyenne des français, ait un salaire plus faible aujourd’hui qu’auparavant ? (information transmise par le fils d’un couple de pharmaciens)

 

 

 

La crise économique, la dette abyssale de la sécurité sociale imposent de faire des choix. Celui du statut quo ou d’une plus grande libéralisation. La situation semble pour les pharmaciens préoccupantes puisqu’on a assisté en 2010 à un recul “inédit” du nombre de pharmaciens et une possibilité et un nombre de défaillances d’officines non moins préoccupantes. La solution envisagée semble de regrouper les plus petites pharmacies pour qu’elles puissent résister.

 

Il y a quelques jours, des propositions visant à réformer ce secteur ont été émises qui tendraient à modifier en profondeur l’image même du pharmacien le rapprochant du simple commerçant.

 

A l’heure où une pharmacie discount géante se met en place en Ile de France, il convient, quelque soit l’opinion que l’on peut défendre, de ne pas délaisser cette profession au combien appréciée des français, qui emploie, tout de même 140 000 personnes dans notre pays

 

 

 

Kephas

 

 


Publicités