Kephas

Un catho à contre-courant

Mois : mars, 2012

Vie privée, vie publique, l’exemple François Bayrou

Par tradition et conviction, je me situe politiquement à droite, j’estime que la dette est un sujet prioritaire, que l’homme doit être encouragé à entreprendre, que si des mesures de protection doivent exister pour ne pas laisser les plus fragiles d’entre nous de côté (en préservant notamment notre modèle de santé qui permet à ceux qui sont malades de se soigner dans des conditions décentes), il ne faut pas négliger les corps intermédiaires qui doivent être valorisés. Je suis intimement convaincu que les associations, l’action individuelle peuvent ainsi limiter les carences d’un Etat qui ne peut, ni ne doit tout faire. Je croyais sincèrement à la société de la reconnaissance d’Hervé Morin, idée certainement utopique mais qui avait le mérite de n’exclure personne, en mettant en valeur le rôle de chacun dans la société, sans faire preuve de communautarisme, aucune.

L’insécurité doit également être combattue. Agressé à plusieurs reprises, je sais comme il peut sembler dur de prendre le train à six heures du matin, chaque samedi, la peur au ventre, toujours aux aguets, par crainte de se faire agresser, que le laxisme n’a rien de bon, que la répression doit nécessairement exister mais que la volonté de certains de commettre des délits est aussi dû à un problème d’éducation, de la faillite d’un système où les hommes ne croient plus en rien, ni à l’idée de construire une famille, ni à celle d’accepter que tout ne peut être contrôlé, tout n’est pas acceptable et que quelque chose nous dépasse nécessairement. Ayant l’occasion d’assister plusieurs fois par mois à des procès, il est frappant de voir les circonstances qui poussent les prévenus à passer à l’acte (pour les délits routiers, par exemple), cela en est d’une tristesse inouie. Certaines règles doivent exister. La liberté s’inscrit dans un cadre de règles préalablement définies, de limites à ne pas franchir, et qu’il faut les respecter

L’éducation est aussi un sujet d’importance, ce qu’on demande à l’école est inadéquat, elle est là pour instruire, non pour éduquer. Sur certains de ces sujets, j’en consacrerai des articles bien plus en fournis.

Il s’agit désormais d’évoquer le nom de François Bayrou. C’est un homme dont je ne comprends pas la démarche politique. Il est catholique pratiquant, j’ai eu l’occasion de le rencontrer à deux reprises, notamment ce soir, à la sortie de ma paroisse. Ayant eu l’occasion de discuter avec l’une de ses proches, j’ai su et compris à quel point sa foi était profonde, plusieurs exemples, relatifs à sa vie privée et dont il est inopportun de les publier ici, m’ont été donnés et je n’ai pas de raison de mettre en doute ses convictions les plus profondes. Néanmoins, je m’interroge. Comment agir en tant que Chrétien en politique ? Doit-on à ce point dissocier vie privée et vie publique ? On peut qu’observer que Christine Boutin a le courage de vivre en totalement adéquation avec la doctrine de l’Eglise (sur laquelle on reviendra). François Bayrou fait un choix radicalement différent. Il dissocie sa vie politique, de sa vie privée. L’exemple le plus frappant est celui se référant aux sujets de société, sur lesquels Koztoujours revient avec son habileté habituelle. A ces questions, je n’ai pas de réponse, j’aurai tant aimé en avoir.

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Doit-on libéraliser la pharmacie ?

 

A l’instar du Royaume-Uni, faut-il vendre les médicaments au sein des supermarchés afin de faire baisser les prix?

 

Ce qui est depuis longtemps le cheval de bataille de Michel-Edouard Leclerc semble peu à peu se mettre en place, en France.

 

 

 

En France, les autorisations d’ouverture de pharmacie sont strictement limitées par les lois en vigueur, ce qui peut laisser croire qu’il existe en France un faible nombre de pharmacies présentes sur sur le territoire et un coût élevé pour le patient du fait d’une non-concurrence présumée. Pourtant ce constat semble a priori faux comme le relève  l’OCDE. Il y a en France trente-cinq officines pour cent-mille habitants, contre 26 en Allemagne, 18 au Royaume-Uni et quarante-huit en Espagne…

 

Relevons les données rapportées en 2004 par l’OCDE, “Seuls la France, le Portugal, l’Espagne et la Grèce pratiquaient des prix inférieurs des substances actives pharmaceutiques les plus vendues (par rapport à l’Allemagne) . En revanche, la Suisse, l’Irlande, l’Autriche, la Belgique, le Luxembourg, la Finlande, le Royaume-Uni, le Danemark, les Pays-Bas et l’Italie avaient des prix plus élevés”

 

Ainsi, s’il peut sembler délicat de comparer des chiffres à une date différente, on aurait pu présumer que la France et l’Espagne faisaient jouer la concurrence à travers un nombre accru de pharmacies, contrairement à ce que l’on affirmait plus haut, ce qui créerait ainsi des prix accessibles tant pour les français que pour les espagnols. Or, cela n’est pas tout à fait exact..

 

En effet, l’Espagne autorise la vente au sein même des supermarchés des produits vendus sans ordonnance. 

 

De plus, en France, se pose le problème de la concurrence dans le milieu rural, comme le relève ce rapport. Les prix seraient ainsi doublés, voire triplés dans les zones les moins accessibles.

 

Les gouvernements successifs de François Mitterrand ont imposé de nombreuses mesures (comme en mars 1990 à la travers la mise en place de la marge dégressive lissée pour les pharmaciens d’officine ou la suppression du supplément d’honoraires pharmaceutiques des pharmaciens par un arrêté du 19 février 1991) visant par des taxes à pénaliser une profession. Est-ce logique qu’un pharmacien ayant commencé à travailler il y a trente ans, malgré un revenu il est vrai plus élevé que la moyenne des français, ait un salaire plus faible aujourd’hui qu’auparavant ? (information transmise par le fils d’un couple de pharmaciens)

 

 

 

La crise économique, la dette abyssale de la sécurité sociale imposent de faire des choix. Celui du statut quo ou d’une plus grande libéralisation. La situation semble pour les pharmaciens préoccupantes puisqu’on a assisté en 2010 à un recul “inédit” du nombre de pharmaciens et une possibilité et un nombre de défaillances d’officines non moins préoccupantes. La solution envisagée semble de regrouper les plus petites pharmacies pour qu’elles puissent résister.

 

Il y a quelques jours, des propositions visant à réformer ce secteur ont été émises qui tendraient à modifier en profondeur l’image même du pharmacien le rapprochant du simple commerçant.

 

A l’heure où une pharmacie discount géante se met en place en Ile de France, il convient, quelque soit l’opinion que l’on peut défendre, de ne pas délaisser cette profession au combien appréciée des français, qui emploie, tout de même 140 000 personnes dans notre pays

 

 

 

Kephas

 

 


De l’art de rendre hommage

La disparition d’une personnalité crée toujours un sentiment particulier. Les mots “cancer”, “alzheimer” sont rarement prononcés, on parle ainsi plus volontiers d’une longue maladie. On craint la mort, on n’utilise alors des termes biaisés comme “Il est parti”, “Il s’en est allé”. Des hommages abondants sont également rendus, tant de la part d’anonymes interrogés qui se souviennent, émus, de l’oeuvre du défunt, que du Ministre de la Culture qui insiste, quant à lui,  sur “l’apport incontestable de cette figure qui a contribué à la réussite française en marquant durablement son époque”. Un second rôle de cinéma qui n’avait eu droit, jusqu’alors, qu’à une simple indifférence aura droit à l’hommage de la profession toute entière, d’autres, qui auront exercé une influence véritable, ne se verront pas mêmes remerciés, ou si peu. Le plus frappant est la vénération qui entoure ceux qui sont morts prématurément. Claude François, Daniel Balavoine, malgré leurs chansons entraînantes auraient-ils été autant diffusés s’ils avaient pu continuer à vivre. Nul ne le sait. La mort d’autrui est donc non seulement, une mise sous silence des éventuels défauts de la personne défunte, Mickael Jackson en est l’exemple flagrant, mais aussi reconnaît tardivement, hélas, les qualités innombrables qui n’avaient pas, forcément, été reconnues à leur juste valeur.





Retour vers le passé ?

Etudiant, j’ai fait le choix d’abandonner mon compte facebook et de vendre mon blackberry pour un simple téléphone. Les raisons en sont multiples, il y a tout d’abord une volonté de ne pas prendre part à une surenchère sans limite et de ne pas faire preuve d’exhibition. Cette idée de mise en avant, non ce que l’on est, de ce que l’on crée par son travail, son engagement, son expérience, mais seulement de ce que l’on a, par une image que l’on souhaite renvoyer, est déstabilisante . Il ne s’agit pas là de critiquer ceux qui ont un besoin légitime de posséder ce type d’appareil au combien efficace et pratique, ni de critiquer le succès des entreprises qui par leur ingéniosité, leur prise de risque se sont vus légitimement récompensés à travers l’achat de smartphones par de nombreux utilisateurs. Il ne s’agit pas non plus d’une volonté de revenir vers le passé, vers un monde où il n’y avait que la seule présence du téléphone fixe et où l’idée de mobilité était réduite à portion congrue, il s’agit simplement de s’interroger. 

 

Je le sais bien, j’ai fait ce choix durant plusieurs années, celui d’avoir un smartphone, cela a été un moyen de répondre aux nombreux messages que je pouvais recevoir, d’être en contact avec des amis français et étrangers.

 

A travers l’acquisition de ce téléphone, il s’agissait, pour moi, de répondre à ce que je croyais être une nécessité, en effet, j’ai crée, avec des amis, une association et participe à l’élaboration d’un journal au sein de mon université, ce qui m’oblige à une certaine interaction avec le monde extérieur. Néanmoins, j’ai décidé de m’en séparer. Cela s’explique simplement. En effet,  il y a quelques semaines, en voulant changer d’opérateur, j’ai été privé de ligne téléphonique durant deux semaines et je me suis rapidement rendu compte que si le téléphone m’était indispensable pour prévenir mes proches, en cas de retard, je pouvais répondre aux courriels, chaque soir, et non plus de manière quasiment instantanée. Les mêmes questions se sont posées pour mon compte facebook. M’étant inscrit en juillet 2007, j’ai eu l’occasion de retrouver des amis que j’avais totalement perdu de vu et que ni Copains d’avant, ni Myspace m’avaient aidés à retrouver. Il y a quelques mois, j’ai pris part à un évènement m’obligeant ainsi à effectuer une veille très régulière. J’ai passé plusieurs nuits blanches, comme d’autres, à contacter différentes personnes afin d’en faire la promotion et de corriger les informations publiées sur internet qui paraissaient erronées. Peu après, une décision radicale s’est imposée à moi, celle de limiter au maximum mon usage de ce réseau social.  Néanmoins, deux questions restaient d’actualité, celle de la visualisation des photographies et celle de la rencontre de nouvelles personnes qui demandent désormais de facto mon nom pour ainsi me rajouter sur facebook . Un ami, qui a fait ce choix, quelques mois avant moi, s’est retrouvé face à ces deux interrogations et en réalité, et n’a plus besoin d’utiliser facebook. En effet, les photographies sont souvent visibles sans être inscrit et un simple mail peut suffire à se voir envoyer un fichier contenant les précieuses images. Quant à la rencontre de nouvelles personnes, j’ai toujours un numéro de téléphone portable, une adresse mail que je peux communiquer, sans difficulté.

 

Au delà de cet état de fait, il est toujours étonnant de voir que ce sont souvent, mais pas toujours, ceux qui possèdent ce type d’appareil qui critiquent le coût de la santé, les frais d’inscription dans les universités françaises. 

Payer 76 euros par mois un abonnement illimité pour téléphone, envoyer des sms, des courriels sur un téléphone tactile, d’une grande qualité certes, est-il plus important pour un jeune de vingt-ans qu’être dans des conditions de travail digne ou de manger sainement ?

Je ne veux pas jeter la pierre à ceux qui font ce choix, il m’est jamais venu à l’idée, il est vrai, de suivre cette initiative et de critiquer ceux qui le font, mais je m’interroge.

N’est-il pas paradoxal de vivre au sein d’une société qui critique âprement le libéralisme mais qui, à travers l’achat de produits étrangers, reconnaît de fait que ce modèle n’est pas épouvantable, contrairement à ce que l’on peut entendre ?

 

J’aurai ainsi voulu comprendre la raison qui a vous a poussée à faire ce choix, je ne veux pas juger, je veux simplement comprendre. Des amis ont un iphone ou un autre smartphone mais ils travaillent, ne sont plus étudiants, et cet achet ne me semble pas incongru, loin de là, mais quel est l’intérêt de travailler, en dehors de ses études, pour n’avoir comme seul but, non pas de subvenir à des besoins essentiels mais à avoir ce type de téléphone, j’attends vos réponses

 

Discutons-en,

 

Kephas


Mot de bienvenue

Si les tweets ont l’avantage de l’immédiateté, ils n’ont pas vocation à être un lieu de réflexion poussé ou seulement en être qu’une simple esquisse. Tenir un blog, c’est l’occasion d’évoquer de manière plus approfondie des sujets  qui nous semblent importants et de pouvoir créer des débats. A travers cet espace, je n’ai pas la volonté de répondre de manière définitive à des questions auxquelles je peux être confrontées mais seulement à m’interroger et tenter, avec vous , de trouver des pistes d’explication.

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